| Mentalité de pratique |
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| Écrit par Max |
| Lundi, 17 Novembre 2008 21:45 |
Voici les notions à adopter impérativement avant le premier cours:
REI SHIKI (Etiquette) Tenue physique : propreté générale, ongles des mains et des pieds coupés court (ne dépassant pas la pulpe des doigts), cheveux longs attachés sans barettes ni pinces, pas de bijoux risquant de se blesser ou de blesser les autres. Etiquette : dojo, saluts, nettoyages... Respect : soi-même, partenaires, professeur...Jamais de retard MISOGI, SEISHIN TANREN* (Purification, forge de l’esprit) Entretien physique quotidien recherché : Respirations, Etirements Entretien du training à l’extérieur conseillé : Musculation, footing, natation, vélo. Présence régulière : Pas de contre-indications (maladies, famille, loisir...). Volonté de s’investir physiquement et de se surpasser et Travail régulier GAKUSHU : Etude Notes personnelles et réflexion personnelle Pas de distraction ni d’aspect ludique dans la pratique SEIREN : Intégrité Engagement sur 1 an comprenant au moins 1 Cours d’étude, 1 Cours training par semaine et Travail seul chez soi. JUNANSHIN* : Docilité Pour les pratiquants d’arts martiaux, reprendre l’étude au début Pour tous : accepter de travailler toutes techniques KATEI : Cours, programme d’étude Pas de passage de grades Evaluation individuelle à la fin du programme de chaque niveau. Possibilité pour les niveaux 2 de suivre les cours du niveau 1 --------------------------------------------- * SEISHIN TANREN La forge d’un esprit pur (texte de pascal Krieger) Seïshin Tanren est une notion commune non seulement à toutes les disciplines martiales japonaises,mais elle s’étend également à toute étude approfondie requérant une participation active du corps et de l’esprit. L’image est d’ailleurs bien choisie: ce n’est que dans le feu intense de l’action et par les chocs répétés des remises en question que l’esprit du pratiquant acquiert assez de malléabilité pour prendre la forme définie par les principes de telle ou telle tradition. Puis une fois la forme désirée acquise, une cristallisation s’effectue un peu à la manière de la trempe, et l’esprit est alors inaltérable... jusqu’à la prochaine opération de forge. L’esprit du pratiquant repose sur des braises Tout comme le métal insuffisamment travaillé, le pratiquant qui manque d’entraînement ou qui ne se “donne” pas assez ne permettra pas à son esprit d’atteindre une température suffisante et la forme de cet esprit restera inachevée... On ne trempe pas un métal qui n’a pas assez chauffé. En Budô, le métal (l’esprit du pratiquant) est chauffé progressivement par les techniques de base, les rudiments de l’étiquette du Dôjô, la mise en forme physique. Cela peut prendre 18 mois à 2 ans. Ce sont par exemple, l’étude des mouvements de Judô d’une manière statique, les chutes et la condition physique. Pour l’Aïkidô, c’est le Ko no geïkô, pour le Jôdô les Kihon et Omote, ou Shoden pour le Iaïdô. C’est une période ou les coups de marteaux sont encore rares, le métal repose sur des braises à une température bien déterminée afin de ne pas brûler le métal avant de l’avoir travaillé. Puis la température s’élève sensiblement. Périodiquement, le métal est sorti de la forge pour être battu, replié, étendu, replié encore et tourné dans tous les sens. Cette chaleur intense est fournie par le travail plus dynamique du Randori et de la compétition en Judô ainsi que dans d’autres disciplines.C’est le Ju No Geïko en Aïkidô, Chudan et Ran AÏ en Jô, Chuden pour l’Iaï. Plus l’intensité de la chaleur est grande, plus le métal est malléable. Quant aux coups de marteaux, ce sont les douleurs bravement assumées,les défaites péniblement mais vaillamment digérées,les périodes de découragement précédant celles de l’espoir, les remises en question menant à de douloureuses contorsions mentales et aboutissant à des “bribes” de sagesse, bref tout ce qui rythme une vie de “pratiquant” de Budô, avec tout ce que ce terme de pratiquant implique... La trempe est le résultat d’un processus intérieur A l’instar du marteau qui descend inexorablement sur le métal rougi, le rythme des difficultés décrites ci-dessus martelle l’esprit du pratiquant en en altérant peu à peu la forme. C’est une longue période qui peut durer jusqu’à 5 ou 6 ans, certains métaux plus durs que d’autres nécéssitant des opérations répétées. Lorsque les stages intensifs, les Misogi (entraînements d’endurance), les Embu et les autres Shiaï ont porté la température du métal / esprit à son paroxisme, il se produit une sorte de cristallisation des notions reçues. Cette cristallisation peut être comparée à la trempe du métal travaillé, mais au contraire de la forge, la trempe n’est pas effectuée par quelqu’un, elle est le résultat d’un processus intérieur alimenté par un entraînement régulier et sérieux. Après cette première cristallisation, le processus peut-etre répété plusieurs fois jusqu’à ce que la forme du métal / esprit atteigne la “perfection”. Après chaque période de cristallisation, le pratiquant est altéré pour toujours. ll n’y a pas de possibilité de retour en arrière. Un individu qui a suivi un entraînement intensif pendant 5 ou 6 ans ne sera plus jamais le même car il aura eu accès à des vérités qui ne s’expliquent pas et qu’on ne peut tout simplement oublier. Ceux pour qui la cristallisation semblerait venir trop rapidement ne doivent pas oublier que l’opération qui suit les occupera bien assez longtemps: il s’agit du polissage et du peaufinage. Ceci peut se faire jusqu’à notre dernière heure... Si vous m’avez suivi jusqu’ici, vous serez d’accord avec moi que certaines questions diablement importantes se profilent à l’horizon de ce modeste exposé : si la forme de l’esprit est décidée par le forgeron (la tradition ou le Maître) ne court-on pas un risque énorme en nous confiant à un tel changeur d’esprit? Et la forme que l’on prétend donner à notre esprit, est-elle vraiment souhaitable ? Voici des questions qui risquent de vous donner autant de maux de têtes que les coups de marteaux dont on parlait plus haut. Ne perdons pas de vue qu’elles sont de toute première importance, surtout lors du choix d’une discipline ou d’un enseignant... --------------------------------- * JUNANSHIN ou Nyûnanshin : Esprit malléable (texte de Pascal KRIEGER) Les notions, ces vérités globales, sont autant de graines semées sur le chemin qui mène au “Dô”. Si les graines tombent sur un sol dur, elles ne germeront jamais. Il est donc primordial de préparer le terrain en abordant l’étude d’un Budô. La seule manière d’étudier un Budô avec quelque succès, je dis bien la seule, en pesant mes mots, c’est de le faire avec une attitude composée des 5 éléments suivants : 1- Patience, 2- confiance, 3- Humilité, 4- Souplesse d’esprit, 5- Disponibilité. A moins qu’elle ne se transforme en cours de route, toute autre attitude conduit à l’échec. Cette attitude idéale est exprimée à travers la notion appelée Jûnan (ou Nyûnan) : flexible; Shin : esprit. Ce sera sur les 5 éléments qui la composent que se porteront tout d’abord les corrections de l’enseignant. Permettez-moi de m’étendre un peu sur l’importance de ces éléments. L’impatient s’est déjà inconsciemment fixé un but et le temps qu’il mettra à l’atteindre. Le regard fixé sur ce but imaginaire, il ne pourra prêter attention à l’endroit où se posent ses pas. Il foulera au pied les graines semées sur son passage. Il n’aura pas la patience d’attendre qu’un certain travail se fasse en lui. Il voudra des résultats rapides. Il lui faudra vaincre son impatience et apprendre à marcher simplement, sans s’occuper du chemin parcouru, ni du but à atteindre mais en concentrant son attention sur l’instant présent (ichi go ichi e). Le sceptique aborde la discipline en la jugeant constamment sur la base des connaissances qu’il a acquises dans d’autres domaines. Il décortique tout et, s’il ne comprend pas, doutera. Doué d’un esprit très logique, il n’acceptera pas, ou seulement avec réticence, ce qui n’est pas vérifiable. Son scepticisme l’empêchera de progresser. Il lui faudra apprendre à faire confiance à son enseignant et à la discipline qu’il a choisie. On ne peut rien prouver en Budô. On y acquiert soi-même ses convictions et seulement pour soi-même. L’orgueilleux, imbu de ses grandes qualités, va trouver difficile d’admettre qu’il n’y connaît rien. Il se sent à l’étroit dans sa peau de débutant. Il cherchera à justifier ses erreurs ou ses défauts. Son égo dressera des obstacles quasiment insurmontables sur le chemin de sa progression. Il lui faudra accomplir un énorme travail sur lui-même pour réaliser qu’il n’est pas le centre du monde mais un simple voyageur, ignorant comme beaucoup d’autres, qu’il est à la recherche de lui-même. L’entêté sera tout d’abord servi par son trait de caractère. Il foncera sur le chemin du Dô sans trop regarder où il va. Mais quand vient le temps des remises en questions, son esprit grincera, peu habitué à la mobilité. Il ne se résignera qu’avec difficulté à marcher dans une direction différente que celle qu’il avait jugée bonne car il ne peut marcher qu’obstinément. Mais si c’est avec la même obstination qu’il se met à faire des efforts pour se libérer de cette rigidité d’esprit, alors rien n’est perdu. D’erreurs en déceptions, d’échecs en défaites, son esprit meurtri s’assouplira et s’accommodera des brusques changements de directions que nous réservent les voies du Budô. L’indisponible abordera une discipline avec ce genre de langage : “je veux bien commencer (sous-entendu pour vous faire plaisir!), mais je ne pourrai venir qu’une fois par semaine (sous-entendu : je ne connaîs rien du travail à effectuer mais voici mes conditions ! ) car j’ai d’autres obligations, etc...” Le Budô exige beaucoup de temps et de travail. Ce personnage affairé devra vite faire des choix. On ne peut pratiquer sérieusement le Budô qu’une fois par semaine. C’est quotidiennement qu’il faut s’entraîner et 2 à 3 fois par semaine sous la direction d’un enseignant. La participation aux stages et la vie du groupe monopolisent une grande partie des loisirs d’un individu. L’indisponibilité reste un problème majeur et la principale cause de défection. Pour résumer, lorsqu’on décide d’entreprendre un voyage dont le but est la compréhension de la vie et la découverte de soi-même à travers le Budô, il faut prendre le temps, avoir une grande capacité d’adaptation, mettre humblement sa confiance toute entière dans le guide que l’on a choisi et avancer patiemment, pas à pas, attentif et réceptif. Toutes ces qualités sont comprises dans l’attitude Jûnanshin. Il est primordial qu’elles soient mises en exergue dès le début car elles sont indispensables jusqu’à la fin du voyage. ---------------------------------------------------- ![]() Go Jô les 5 conditions (texte de Pascal KRIEGER) Le Gojô est un ensemble de qualités humaines qui font que celui qui les cultive est un homme véritable, au sens le plus noble du terme. Ces cinq qualités sont interdépendantes. Ce n’est que si elles sont tempérées par les quatre autres qu’elles gardent leur vraie valeur, sans être altérées par l’intransigeance ou le relâchement. Nin ou Jin : Bienveillance, chaleur humaine. Jin, ou Nin, ce n’est pas la chaleur humaine distillée au compte-goutte. Cela n’a rien à voir avec l’amour ou la tendresse exclusive réservée à un nombre restreint de proches. Ce n’est pas non plus le sourire timide, forcé, et si rare de nos civilisations dont la maladie de spécialisation et du “respect de la vie privée” a fini par nous isoler les uns des autres dans les compartiments cloisonnés d’une société où il est devenu suspect de sourire à un inconnu. Jin, ou Nin, reflète l’état d’esprit de l’homme qui a accepté l’univers tel qu’il est et cherche à s’harmoniser avec lui plutôt quà vouloir en changer le cours inéluctable. Ayant transcendé les passions, les divergences, les différences, il est devenu comme un soleil qui éclaire et réchauffe tout ce qu’il touche. Gi : Justice. De par le fait qu’elle ait à juger rapidement une multitude de cas, la justice, telle que nous la connaissons, est une grande machine lourde, imparfaite, et souvent répressive. s’appuyant sur des lois basées sur des concepts parfois érronés, elle ne tient pas souvent compte du contexte. Tempérée par un zeste de Jin (bienveillance), et copieusement arrosée de Chi (connaissance), Gi se veut le reflet d’une justice globale où l’on ne juge pas mais dans laquelle on cherche à comprendre avec son coeur plutôt qu’en brandissant le glaive et la balance du bien et du mal. Renforcée par les lois de la nature elle-mêmes, cette justice est totalement impartiale et prend en considération chaque cas isolément, dans son propre contexte et en relation avec le Grand Tout. Reï : Etiquette, courtoisie. Reï n’a rien à voir avec les courbettes et les simagrées vides de sens auxquelles nos civilisations pressées nous ont habitués, et dans lesquelles, l’hypocrisie est à peine voilée. Reï, c’est la notion d’Etiquette en tant que moyen gestuel de communication nous permettant d’exprimer notre respect et notre considération pour autrui. Chaque détail de l’Etiquette doit être exécuté du fond du coeur. Le Reï ne doit pas être dirigé vers telle ou telle personne dont le rang et l’importance exige une déférence particulière. Le Reï émane de celui qui le possède et s’applique à tout ce qui l’entoure, êtres humains sans distinctions de race, de rang ou de sexe, animaux et choses. Un arbre mérite notre respect autant qu’un être humain ou un animal puisqu’il fait partie du même Univers. Chi : Connaissance. Là encore, il ne s’agit pas de connaissances portées comme des décorations. En cette fin du XXème siècle, les médias nous submergent d’un véritable raz-de-marée d’informations. Nos cerveaux doivent enregistrer tant de choses hétéroclites qu’ils deviennent incapables de s’extraire de cet océan d’informations spécialisées pour prendre assez de recul et élargir leur champ de vision de façon à nous donner une vue d’ensemble. La véritable Connaissance ne se met pas au pluriel. Elle ne peut se fragmenter. Elle relie invariablement le moindre détail à la globalité de son domaine, et ce domaine à la globalité du Grand Tout. Tout se tient. Shin : Confiance. Bien qu’il existe encore des pays où la parole conserve encore sa valeur, dans la plupart des pays industrialisés elle n’en a plus aucune : une poignée de main, un regard franc et une promesse verbale ne font pas le poids devant un bout de papier signé qui devient automatiquement une arme menaçante pouvant se retourner contre vous à tout moment. Je sais que c’est un peu naîf d’écrire cela et que le contrat signé est une nécessité dans ces temps où l’abus de confiance est si répandu. Il n’en reste pas moins qu’on a quasiment perdu ce sentiment de confiance que l’on accorde qu’aux gens “qu’on connaît”. Celui qui possède le Shin ne manquera jamais à sa parole, ni ne trahira la confiance de personne. Il met sa dignité dans la Confiance qu’il inspire à l’inconnu aussi bien qu’au plus intime de ses amis. |



